Salamalaykoum wr wb
Lorsqu'une personne accepte l'Islam, elle doit souvent faire face au problème familial. Il existe différentes situations auxquelles elle peut être confrontée. Quelques fois, les parents ne sont pas d'accord avec le choix de leur fils / fille et le rejettent, d'autres fois c'est l'enfant qui déconsidère ses parents vu la différence de religion, ou encore c'est le conjoint ou la conjointe qui pousse l'autre à ne plus les fréquenter ou très peu, à ne plus les respecter ou même rompre toute relation. Cette attitude se fondant sur une réflexion de crainte ou de déconsidération. Comment agir dans ces cas ?
A travers les quelques lignes qui suivent, le point de vue de l'islam sera abordé avec les différents arguments retirés du Qour'âne, et de la vie du Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam et de ses compagnons, les premiers à être confrontées à ces situations délicates.
Le point de vue du Qour'âne et de la Sounnah
L'imam Mouslim rapporte l'histoire du compagnon Sa'ad Ibn Abi Waqqâs Radhi yallâhou 'anhou, démontrant que lorsque sa mère sut qu'il avait accepté l'islam, elle prêta serment de ne plus parler à son fils, ni prendre aucune nourriture tant qu'il ne quitterait pas l'islam. Elle dit : "Allah t'a ordonné d'obéir à tes parents, et je suis ta mère, tu dois donc m'obéir." Elle serait morte si quelqu'un n'avait pas été là pour lui donner de l'eau pour survivre.
A cause de cet incident, le verset suivant fut révélé : "Et nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère, et si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas." (Sourate 29 / Verset 8)
Allah dit aussi : "Et si tous deux (ton père et ta mère) te forcent a M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable." (Sourate 31 / Verset 15)
Commentaire:
Ces versets démontrent clairement l'attitude à adopter envers les parents non musulmans. Leur obéir dans les pratiques contraires à l'islam et dans le péché n'est pas considéré comme agir en bien envers eux. "Lâ Tâ 'ata limakhloûquin fi ma'siyatil khâliq" (Pas d'obéissance aux créatures dans la désobéissance du Créateur). Suivant cette règle retirée du Qour'âne par les juristes musulmans, les droits d'Allah sont donc prioritaires sur ceux des créatures.
Comment agir alors ?
Pour nous qui vivons dans une société non musulmane, le sujet d'obéissance aux parents non musulmans doit être examiné très minutieusement.
L'obéissance aux parents ne signifie pas tomber dans le péché pour leur faire plaisir. Par exemple, on ne devrait pas célébrer et fêter Noël, ou leurs fêtes religieuses, ni s'échanger de cadeaux à ces occasions. D'un autre côté, on doit se comporter d'une manière convenable, leur présenter l'islam par un bon comportement au lieu de se faire respecter par la force ou la contrainte. Par exemple, on ne les obligera pas à ne pas boire de l'alcool en notre présence, ni à s'habiller convenablement en notre présence. Bien sûr que le conseil devra être donné, mais la douceur et la patience sont les meilleures astuces pour se faire respecter et les attirer vers l'islam.
Ne pas couper les liens familiaux
Quelques fois, il arrive que des convertis coupent les relations avec leurs parents soit parce ces derniers ne comprennent pas la nouvelle religion de leurs enfants ou encore parce qu'ils prononcent des paroles désagréables concernant l'Islam. Si vous êtes parmi ces personnes victimes de tels désagréments, pensez au verset précédent. Allah ne dit pas "Coupez toute relation avec eux" mais plutôt " ne leur obéis pas", ce qui signifie que leur obéissance dans le péché, dans les actions contraires à l'islam est interdit. Cela ne signifie pas pour autant qu'on a le droit, dans ces cas, de leur manquer de respect. C'est un devoir et une obligation de les respecter. Ne pas être obligé de leur obéir est une chose, et leur manquer de respect en est une autre. Si la première est autorisée dans certains cas exceptionnels, la seconde ne l'est pas. Malheureusement, une mauvaise compréhension du texte coranique engendre des disputes au sein de la famille, une haine à l'égard de l'islam de la part des parents, et une désobéissance à l'ordre du Qour'âne. On ne doit pas l'oublier, les parents restent toujours les parents, et de ce fait, leurs droits sur les enfants sont toujours présents et transcendent toutes situations.
Par contre, la pratique des injonctions et le rejet des interdictions ne doit pas être conditionné selon leur autorisation. L'incident suivant le démontre clairement :
"La mère de Asma Radhi yallâhou 'anha (fille de Abou Bakr Radhiallâhou 'anhou), n'était pas musulmane et habitait Makka, lorsque sa fille quitta la ville pour émigrer vers Madina. Après le traité de Houdaybiyya en l'an 8 de l'hégire, La paix étant restaurée, les familles se rendaient visite entre elles. La mère de Asma Radhiallâhou 'anha vint donc à Madina visiter sa fille et emmena avec elle des cadeaux.
Asma Radhi yallâhou 'anha ne savait pas comment agir, accepter ou pas, car sa mère n'était pas musulmane mais polythéiste. Elle demanda donc au Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam comment elle devait agir envers sa mère, si elle pouvait accepter ses cadeaux et si elle devait être aimable et respectueuse envers elle. Le Messager d'Allah Sallallâhou 'alayhi wa sallam lui répondit : "Entretiens de bonnes relations avec ta mère." (Cité dans les Sahih de Boukhâri et Mouslim ainsi que le Sounan de Abou Dâoud)
Dans l'incident sus cité, Asma Radhi yallâhou 'anha ne prit pas l'autorisation de sa mère pour émigrer à Madina et faire Hidjrah, car c'était une injonction de la part d'Allah de partir.
La meilleure chose à faire pour eux
Les enfants des parents non musulmans doivent invoquer Allah en leur faveur. Le verset suivant montre bien que tant qu'ils sont vivants, on doit garder espoir qu'ils acceptent l'islam et invoquer Allah en leur faveur. L'interdiction d'invoquer Allah en leur faveur ne s'applique qu'après leur décès.
Lorsque l'oncle du Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam, Abou Tâlib mourut, il n'était pas musulman même après les efforts de son neveu Sallallâhou 'alayhi wa sallam pour qu'il le devienne. Le Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam fut très affecté par son décès car son oncle lui était d'une grande aide dans la propagation du message de l'Islam. Il invoqua donc Allah en faveur de son oncle. Allah révéla le verset suivant :
"Il n'appartient pas au Prophète ni aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils leur parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont des gens de l'Enfer." (sourate 9 / verset 113)
L'histoire du célèbre compagnon du Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam, Abou Hourayra Radhi yallâhou 'anhou avec sa mère nous montre l'aspect tolérant de l'Islam.
Lorsque Abou Hourayra embrassa l'Islam en l'an 7 de l'hégire, sa mère resta polythéiste pendant une longue époque. Il désirait ardemment qu'elle devienne musulmane et priait en ce sens mais celle-ci refusait toujours. Un jour, il l'invita vers l'islam mais elle prononça des paroles contre le Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam qui l'attristèrent énormément. Les larmes aux yeux, il s'en alla chez le Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam qui lui dit :"Qu'est-ce qui te fait pleurer, O Abou Hourayra ?".
"Je ne cesse d'inviter ma mère vers l'Islam mais elle me repousse toujours. Aujourd'hui, je l'ai invitée de nouveau et j'ai entendu des mots d'elle que je n'aime pas. Invoquez Allah Le Tout-Puissant pour qu'Il incline le coeur de ma mère vers l'Islam."
Le Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam répondit à la demande de Abou Hourayra et pria en faveur de sa mère.
Abou Hourayra Radhiallâhou 'anhou raconte : "Je partit chez moi et trouva la porte fermée. J'entendis le bruit de l'eau couler et quand j'essayai d'entrer, ma mère me dit : "Restes où tu es, O Abou Hourayra."
Et après s'être habillée, elle me dit : "Entre! "
J'entrai et elle dit : "Je témoigne qu'il n'y a aucun autre Dieu à part Allah et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Son messager".
"Je retournais chez le Prophète Sallallâhou 'alayhi wa sallam, pleurant de joie comme je pleurais de tristesse une heure auparavant et je dis : "J'ai de bonnes nouvelles, O Prophète d'Allah. Allah a exaucé votre prière et a guidé la mère de Abou Hourayra vers l'Islam." (Cité dans le sahih de Boukhâri)
Voilà en quelques lignes, l'attitude convenable et raisonnable que l'on doit adopter avec nos parents non musulmans. Et Allah Sait Mieux.
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